Les modes d’accès à l’information ont profondément changé pour les jeunes ces dernières années, avec des écrans toujours à portée de main et des usages très mobiles. Entre smartphones, réseaux sociaux et formats courts, la consommation se fait autant en mobilité que dans les salons familiaux.
Loin des clichés, une majorité manifeste un intérêt réel pour l’actualité, avec des usages diversifiés et des attentes de pédagogie numérique. Ce constat appelle à définir des priorités concrètes pour l’information jeunesse et oriente naturellement vers les points clés suivants.
A retenir :
- Accès mobile dominant et usage intensif des réseaux sociaux
- Niveau d’intérêt élevé pour l’information parmi les 15-34 ans
- Importance de l’éducation aux médias pour le discernement et la vérification
- Formats courts et créateurs jeunes comme relais d’information crédible
Sources et supports privilégiés des 15-34 ans en 2025
Partant de ces constats, l’examen des supports révèle des tendances nettes qui façonnent l’accès à l’actualité. Les jeunes consultent majoritairement l’actualité via des applications mobiles et des réseaux sociaux, au détriment parfois des médias traditionnels. Selon Médiamétrie, le smartphone est le premier écran pour l’information quotidienne chez cette tranche d’âge.
Supports principaux des jeunes :
- Smartphone et applications mobiles
- Réseaux sociaux (TikTok France, Snapchat Discover)
- Télévision linéaire moins consultée
- Moteurs de recherche et agrégateurs
Indicateur
15-34 ans
Remarque comparative
Possession de smartphone
89,9%
supérieur à la moyenne
Accès à Internet
97%
supérieur à la moyenne
Consultation de l’actualité via réseaux sociaux
71%
réseaux sociaux premier accès
Consultation de l’actualité sur smartphone
69%
premier support devant la télévision
« J’ouvre TikTok le matin pour repérer l’actualité, puis je vérifie les sources si quelque chose me semble étonnant. »
Lola N.
Usage des réseaux sociaux pour l’info
Ce recours massif aux réseaux sociaux s’explique par la praticité des formats et l’algorithme qui amplifie les contenus populaires. TikTok France, Snapchat Discover et plateformes similaires condensent les flux et favorisent le partage instantané, souvent à la faveur de créateurs influents. Selon Credoc, un jeune sur deux s’informe principalement via ces canaux, ce qui redéfinit la chaîne de confiance.
Acteurs cités :
- Brut
- Konbini
- Vice France
- Loopsider
- Melty
- Madmoizelle
- Le Monde Campus
- Franceinfo
Rôle des moteurs et agrégateurs
À côté des réseaux, les moteurs et agrégateurs restent des points d’entrée essentiels pour vérifier rapidement les sources et comparer les angles. Ils servent de filtre initial avant d’aller vers des médias comme Le Monde Campus ou des formats courts de Brut et Konbini pour des approfondissements. C’est une étape clé pour évaluer la crédibilité, surtout face aux fake news.
Pourquoi les formats courts séduisent et quelles limites
Le basculement vers le mobile entraîne un goût prononcé pour les formats courts et visuels, adaptés aux flux rapides des réseaux. Ces formats favorisent l’engagement mais posent des défis de vérification et de profondeur pour les disciplines journalistiques. La suite examine ces limites et les réponses possibles par l’éducation et le journalisme adapté.
Atouts des créateurs et formats courts
Les créateurs comme Gaspard G exploitent les codes des réseaux pour capter l’attention et créer de l’engagement immédiat. Le ton direct et l’usage du vlog rendent l’information plus accessible aux jeunes publics, et favorisent le passage à des contenus plus longs. Selon un observateur, l’adaptation des formats aide les médias traditionnels à rester pertinents auprès des jeunes auditoires.
Avantages format court :
- Proximité avec le public
- Compréhension rapide de l’actualité
- Formats partageables et viraux
- Entrée vers des formats longs
« Je préfère une vidéo courte qui explique, puis je vais lire un article sur Le Monde Campus pour approfondir. »
Maxime N.
Risques et manque de profondeur
Pourtant la brièveté peut masquer un manque d’enquête et nuire à la vérification, surtout quand l’urgence prime sur la rigueur. Cela ouvre une porte aux rumeurs, aux fake news et au complotisme ciblé, amplifiés par des logiques de monétisation. La section suivante examine les outils éducatifs et les pratiques de fact-checking pour contrer ces dérives.
Limites principales identifiées :
- Simplification excessive
- Vitesse avant vérification
- Echo des rumeurs
- Monétisation des contenus douteux
« On observe un fossé générationnel fort, les réseaux devenant l’espace principal d’information pour les plus jeunes. »
Sandra H.
Éducation aux médias, pratiques et effets sur le discernement
Face aux risques, l’éducation aux médias se présente comme un levier concret et mesurable pour renforcer le discernement des jeunes lecteurs. Les actions d’EMI semblent corrélées à davantage de vérification et d’intérêt pour l’actualité, selon plusieurs enquêtes publiées récemment. Nous passons en revue les preuves et les pistes pédagogiques pour renforcer ce pilier essentiel.
Effets documentés de l’EMI :
- Hausse de la vérification
- Consultation quotidienne renforcée
- Augmentation de l’intérêt pour l’actualité
- Réduction de la croyance aux fausses informations
Preuves d’efficacité de l’EMI
Les chiffres issus des enquêtes montrent un effet clair de l’EMI sur les comportements informationnels des jeunes, en particulier sur la vérification et la fréquence de consultation. Selon Médiamétrie, les jeunes exposés à l’EMI vérifient plus souvent et consultent davantage l’information que ceux non exposés. Ces observations confortent la décision politique de consacrer davantage de ressources à l’éducation aux médias.
Indicateur
Avec action EMI
Sans action EMI
Bénéficiaires d’actions EMI
34%
moins fréquent
Accros à l’information
22%
12%
Consultation quotidienne
87%
75%
Vérification régulière
65%
42%
Pistes pédagogiques et recommandations
À partir de ces résultats, les efforts se concentrent sur l’intégration systématique de l’EMI à l’école et sur des projets concrets. Parmi les pistes, la création de projets pratiques et le travail sur les formats courts occupent une place centrale pour capter l’attention des élèves. Selon Credoc, 60% des 15-17 ans suivent l’actualité, ce qui crée une fenêtre d’action éducative significative.
Actions pédagogiques recommandées :
- Intégration obligatoire de l’EMI à tous les cycles
- Projets de création numérique en classe
- Partenariats avec médias jeunesse
- Modules de vérification et fact-checking
« Adapter les formats sans renoncer à l’enquête reste un défi pour les rédactions jeunesse. »
Victoria J.
Source : Médiamétrie, Enquête en ligne auprès d’un échantillon de 2000 internautes de 15-34 ans, 2017 ; Credoc et INJEP, Le rapport des jeunes aux informations, 2024.